Renaud de Hurlevent

Calcutta

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Il y a cette atmosphère pesante
Le crachat brûlant des camions
Fusion du feu et de l’amiante
Dans la cité des tourbillons

Toute cette humanité de gens
Fourmilière si compacte et dense
Qu’on dirait un torrent de sang
Dans des artères trop immenses

Le fleuve d’une eau turpide
Un port noir abreuvé de vies
Des passerelles entre les vides
Le grand écart du mot envie

La nuit tombe sans un rêve
Les néons de feu s’irradient
Et la lumière telle une sève
Dans la lampe d’un cruel génie

Sur la corniche des trottoirs sales
Des mains se tendent au caniveau
Sans une plainte, sans un râle
Pour attraper quelques noyaux

Le long des rues sur des cartons
Des familles entières s’apprêtent
A dormir d’un silence de plomb
Fondu dans le jour qui les jette

Bien plus loin que l’imaginable
Dans brouhaha d’après guerre
Fétus de poussière et de sable
Ils me sourient de leur misère

Comme si c’était moi le malade
Moi le passant trop bien nourri
Le cholestérol en balade
Bardé dans ses pensées pourries

Je peux te dire toi qui me lis
Que ce voyage au bout de tout
A changé le sens de ma lie
Et c’est pour ça que je suis fou.

Renaud de Hurlevent.

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