Renaud de Hurlevent

Affamé de néant

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Tu bichonnes ton auto
D’une érection dominicale
Elle est belle, il fait beau
C’est le week-end Pascal

Et tu jettes le temps
Dans les égouts
Pour un bout de fer
Et quelques écrous

Tu caresses tes enceintes
Tels des ventres arrondis
Tes choses sacro-saintes
Et tes objets maudits

Et tu jettes le temps
Par la fenêtre
Tu es un éternel enfant
Trop, peut être

Toi tu pries le paraître
Dans les temples adulés
Où les moutons vont paître
L’herbe de la télé

Et tu jettes le temps
à la benne
Comme si c’était moins important
Que ton bas de laine

Ta route est bardée d’assurances
Contre les risques de la vie 
Sur ta tombe de méfiance
Tu signes des contrats maudits 

Et tu jettes le temps
Dans la poubelle jaune
Soldat obéissant
L’appli de son Iphone

Les risques de ta vie
Sont tellement calculés
Tu vis dans les devis
De tes rêves congelés

Et tu jettes le temps
Aux ordures
Pour toi c’est de l’argent 
De vivre sans futur ?

Quelques fois c’est affreux
Tu veux tuer le temps
Petit crabe prétentieux
Affamé de néant.

Renaud de Hurlevent.

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